Marc Bourlier Bois flottés
MONSTRE VA !  
MARC BOURLIER, L'HOMME DES BOIS :  
INTIMITÉ DU DEHORS.   

  
"On me demande parfois ce que je nomme présence. Je répondrai : c'est comme si rien de ce que nous rencontrons n'était laissé au-dehors de l'attention de nos sens" (René Quinon)   
Le peintre de Lascaux disposait de symboles et de mythes accumulés pendant des millénaires de gestation, l'artiste d'aujourd'hui ne possède que les débris calcinés d'un monde en régression qui forment pourtant le seul aperçu sur le futur très provisoire.
C'est justement parce que notre futur est de plus en plus provisoire et dérisoire que le travail de Bourlier se frotte de plus en plus à des "lambeaux" mais vers une sorte d'utopie de la vision. D'où la nécessité de cet échange entre la matière et l'image ainsi que l'intensité d'une attention aux choses et au corps.

Et ce par ce qui devient - des taches primaires jusqu'à la sculpture primitive - une "méthode" de construction du réel qui fait abstraction naturellement des idées reçues et de toutes conventions. Il y a donc chez l'artiste diverses manières de mettre à nu le corps en des matières brutes qui en deviennent les opératrices et la possibilité "expérimentale" de questionner le réel comme retourné.  

Marc Bourlier

Les Périodes

Il s'éloigne lentement du pop*, tout en en restant imprégné. Les formes de ses compositions se détachent nettement, se répètent pour mieux se rendre lisibles. Elles se rangent en théories,avec une importance donnée à l'éclairage artificiel qui balaie la nuit d'un faisceau symétrique.
Avions dans le ciel, voitures frontales, piétons dans la rue, dont on ne voit parfois que des sections différentes, comme sur un jeu de cubes en désordre, longeant les murs de leurs formes fuyant quelque limier. Et aussi cet écorché de paquebot, où les lumières qui portent à l'extérieur se mêlent aux ombres parcourant les coursives.

Il peint aussi, fragmentés, les pictogrammes urbains, panneaux routiers, chiffres, et graffitis*, reconstitués en compositions, (1998). Auteur d'art brut*, Il fabrique des panneaux à cases irrégulières, dont les montant extérieurs comme intérieurs sont soigneusement ficelés avant d'être peuples d'une foule de figures, corps et visage, l'en bois de récupération ; le corps est brut, le visage perforé de trois trois autour d'un relief de nez. 

Bois flottés, depuis 1995

"Si radicalement nouveau dans son Oeuvre, ce qu'aujourd'hui nous connaissons de Marc Bourlier semble être le fruit d'un hasard enchanté, un heureux jour de 1995, quand sur une plage de Normandie son regard fut capté par le premier de ces mystérieux petits bois flottés que la mer, sans se lasser, et telle une offrande, avait déposés. 
 
Vont naître de ses assemblages des myriades de petits bonshommes, sagement ordonnancés dans des tableaux où la matière se donne à toucher, où les aspérités du bois vont seules donner l'idée des couleurs. Il les imagine tour à tour tendres ou drôles, tristes ou convenus, et les fait vivre dans des familles qu'il compose avec grand soin, comme pour conjurer le hasard qui, au fond, a décidé de tout.
Peu à peu, ils s'enhardissent, et paraissent seuls, échappés du bas relief, tels de vraies rondes bosses ! Ils s'affirment, fanfaron ithyphallique, doux rêveur, bel indifférent, séducteur..." (Lire la suite) 
Lionelle Courbet-Viron - mai 2004 

 

“Visite à New York.” 
Bois flotté, ficelle de lin. 
32x24x6cm  -  2007

Fragmentations, 1993 - 1994

L'univers de Marc Bourlier est aussi séduisant - ses peintures se composent de motifs dérivés des signalétiques urbaines ou des dessins publicitaires stylisés dans le style des affichistes Art Déco - qu'inquiétant : car ces motifs sont éclatés et s'entrechoquent à la façon d'un infernal casse-tête, ou d'une langue désarticulée

(Exposition Marc Bourlier - Janvier 1994 - Galerie Ampire, 3 rue de Lille, Paris)

 

Lumières dans la ville” 
Acrylique sur toile 
130x97cm  -  1993

Pictogrammes, 1991 - 1992

Marc Bourlier intègre dans sa peinture des objets de la vie quotidienne (bicyclettes, avions, voitures, bateaux, microsillons, ...) au milieu de silhouettes, de visages, de lettres et de chiffres, le tout s'intégrant en une joyeuse sarabande, la sarabande de la vie, moderne, trépidante, tourbillonante et qui lui insuffle la joie de vivre par les couleurs gaies et vigoureuses d'un grand coloriste.
Ces compositions, qu'elles soient sur toile, carton ondulé, bois, dégagent un humour ironique et aussi une poésie très actuelle et transforment l'ambiance des lieux qui les exposent.

Marc Bourlier se rattache à l'Ecole de Paris depuis Léger et les cubistes mais il s'en dégage par un vigoureux coup de modernité qui lui confère une belle originalité, symbolique de notre époque.

Max Dana - Le 30 novembre 1994




 

"Pictogramme 20"
Acrylique sur carton
47x36cm  -  1992

Hommage au microsillon, 1989 - 1990

Sous le titre "Hommage au microsillon", Marc Bourlier présente quinze compositions en acrylique sur carton ondulé : matériau vulgaire qu'il traite minutieusement par déchirures, incisions, et découpages.
Dominées par l'écriture, ces oeuvres dégagent une esthétique du fragmentaire, une poésie du volé en éclats qui couvrent les restes déchiquetés d'une époque encore proche mais révolue.
De ce passé dont ne subsisteront bientôt que les seules réimpressions sur disques compacts, Marc Bourlier a su nous en mettre plein la vue. Car cet hommage prend naturellement un air de fête, et son carton ondulé se joue des nouveaux mondes de l'art où tout n'est qu'emballage.

J.L. Thuillier  (Galerie Yan Lung - Périgueux, Dordogne, France)

 

“Hommage au microssillon N° 23” 
Acrylique sur carton 
57x45cm  -  1990

Les Anonymes, 1987 - 1989

La période "Les Anonymes" a commencé par une invitation au musée de Salvador de Bahia (Brésil)

Rien ne vaut une belle oeuvre en carton !
Depuis le début du siècle, les artistes s'intéressent à ce support extraordinaire qu'est le carton. Pour ma part, je l'utilise depuis des années. Ce fut d'abord un désir de changement, de provocation, mais très vite, j'ai été conquis par sa grande richesse.
J'aime le découper, le creuser, le contrecoller, le vernir, le déchirer, le peindre, le dessiner...

Matériel de récupération par excellence, il est pourtant très noble et me permet de m'exprimer avec entière satisfaction.

Marc Bourlier - 1995 


 

“Anonyme 1” 
Carton ciré 
1987

Les Stars, 1986 - 1987

"Avec le manège puis les stars qui allaient succéder, Marc Bourlier profilait la figure en la découpant dans le bois. Il s'agissait de déterminer les contours de la forme et, au-delà, de lui assigner une dimension volumétrique destinée à conforter son assise dans l'espace.

A l'intérieur du Champ ainsi défini, le matériau était envisagé dans sa surface, autrement dit comme un support mis en forme, sur lequel la peinture allait s'exercer, pour donner corps à des êtres emblématiques, plus soucieux de les consigner dans des attitudes et des postures révélatrices, que d'en dresser une représentation uniquement descriptive, Marc Bourlier s'est appliqué à cerner l'essentiel combinatoire, qui leur confère reliefs et volumes. 

Ainsi, Marc Bourlier parvient-il à simuler les effets d'ombre et de lumière qui nourrissent la matière et donnent à cette écriture simple et directe tout le pouvoir expressif d'une dramaturgie perçue en étroite concordance avec son époque. "

Nathalie MAQUET ( Deumeures et Châteaux, N° 49, mars 1989 )

 

“Les stars N° 3” 
Acrylique sur bois 
155x90x0.15cm  -  1986

Le Manège, 1985 - 1988

Et si je faisais faire un dernier tour de manège à ces Dames Grises ? 

.... Mais elles aussi envahirent sa vie, et, dans l'étourdissement d'un « manège de bois »  peint qu'Iris Clert présenta à la FIAC de 1985 -Bourlier n'a pas trente ans-, ces silhouettes insolentes et sans âge s'évanouirent et lui échappèrent à jamais, pour rejoindre, peut-être, un univers de bande dessinée d'où elles semblaient avoir mystérieusement surgi.  (Lire la suite) 

Lionelle Courbet-Viron - mai 2004 
 

 “Le manège” 
contre plaqué, acrylique, métal 
1984 à 1985

Les Dames Grises, 1980 - 1985

Noyé dans trop de couleurs, enivré de couleurs, pour en cela avoir suivi Baudelaire -« Enivrez-vous, de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise »-, il aspira soudain à quelque repos. Apparurent alors  « les dames grises », souvenir d'une tendre grand mère ?  (Lire la suite) 

Lionelle Courbet-Viron - mai 2004 


 

“Trois dames grises” 
Bois découpé et peint , acrylic vernis recto verso. 
130x100x5cm  -  1983

Les Taches, 1978 - 1980

Des oiseaux, des plumes dans un tourbillon; des pantoufles souples, légers et inspirant le confort; la carcasse d'une volaille vue de différents angles; des visages rayonnat de santé, distingués et légèrement moqueurs; ce sont là quelques thèmes des tableaux de Marc Bourlier ne représentant, cependant, qu'un aspect de son art.

Bourlier s'exprime de la façon la plus directe et la plus simple possible. il emprunte ses sujets à la vie de tous les jours. En peignant des objets ordinaires, il leur donne par le simple acte de peindre, une poésie qui participe à la définition de leur beauté particulière. Peut-être donne-t-il des coups de patte aux scènes parisiennes ? Il sait que la tête ou le visage sont de loin les éléments les plus expressifs de l'être.

J'ai écrit quelque part qu'il y avait dans son art une heureuse coexistence entre le sérieux et la frivolité, une sorte de pélerinage qui ne concerne que lui, une sorte d'hommage à Picabia. Marc Bourlier, en suivant les traces de Klee, travaille avec aisance et spontanéité d'un regard d'innocent d'enfant accompagné d'une connaissance parfaite des origines de la peinture du 20`me siècle. (Lire la suite)

Neil Colyer (Conservateur, Pallant House Gallery, Chichester, Angleterre)
 

“Sans titre 5” 
1979